Saint-Sauveur suspend temporairement toute intervention susceptible d’augmenter les rejets d’eaux usées dans le périmètre urbain.
Cette suspension vise notamment la construction de nouveaux bâtiments, l’ajout de logements, certains travaux d’agrandissement, les occupations de locaux commerciaux, le changement d’usage d’un bâtiment ou le prolongement de réseaux d’égout et de rues.
Le conseil municipal a adopté ce projet de règlement lors de la séance ordinaire du 18 février 2026, en vertu de l’article 29 de la Loi sur les compétences municipales.
Les infrastructures ont atteint leur limite
Selon une étude commandée en 2025 à la Régie d'assainissement des eaux usées de Saint-Sauveur et Piedmont (RAEU), le territoire connaît une croissance soutenue et la capacité des infrastructures d'eaux usées atteint ses limites.
Concrètement, l'analyse révèle que les infrastructures d'égout et d'assainissement fonctionnent à 97,5% de leur capacité, alors que les normes d'ingénierie civile recommandent de ne pas dépasser 95% afin d'éviter des dommages importants au réseau et à l'environnement.
Certaines exceptions demeurent possibles, notamment pour des travaux d'entretien, la reconstruction après sinistre ou encore certains projets commerciaux démontrant, par expertise professionnelle, qu'ils n'entraîneront aucune augmentation de débit d'eau usée.
La mesure adoptée le 18 février dernier est d'une durée maximale de 24 mois, mais pourrait être renouvelée. Ce délai doit permettre de compléter les études nécessaires à la planification des travaux requis pour augmenter la capacité de l'usine.
En parallèle, la Ville déploie des mesures visant à réduire l'apport en eaux parasitaires dans son réseau collecteur. Concrètement, ces actions comprennent notamment le retrait de deux puisards connectés à l'égout sanitaire de la rue Principale ainsi que l'ajout d'un système de recirculation de l'eau utilisée par les jeux d'eau du parc John-Molson.
Des travaux de colmatage et de réfection seront également réalisés sur les rues Lafleur, Lalonde, Saint-Jacques et Hébert, un projet à lui seul évalué à 7,5 millions de dollars selon le programme triennal d'immobilisations (PTI) 2026-2027-2028 adopté en juillet 2025.
La Ville soumet que ce moratoire temporaire, combiné aux intervention correctives déjà en cours, permettra de stabiliser la situation, de réduire la pression sur les infrastructures et de donner à la Ville le temps nécessaire pour élaborer des solutions durables à long terme.
Vous souhaitez réagir? Vous êtes témoin d'un événement ou avez une histoire à nous partager? Écrivez à nos journalistes via nouvelles@cime.fm
Écoutez-nous en tout temps pour suivre l'actualité locale et régionale dans les Laurentides (103.9 - 101.3 - 104.9) et l'Est ontarien (102.1) ou téléchargez notre application mobile Cogeco Média.