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Dernier rapport de la SCHL

Le prix des loyers a presque doublé dans plusieurs villes des Laurentides

Le prix des loyers a presque doublé dans plusieurs villes des Laurentides
Les locataires s'appauvrissent et doivent maintenant consacrer entre 50% et 80% de leurs revenus mensuels au logement. / Adobe Stock / Unclesam (2)

Le dernier rapport sur le marché locatif de la Société canadienne d’hypothèques et de logement publié le mois dernier dévoile des données alarmantes pour la région des Laurentides.

La crise du logement, qu'on voit s'installer depuis 2018, continue de gagner du terrain dans la région, sur deux fronts.

D'abord, les taux d'inoccupation sont très bas, souvent sous la barre des 2% dans plusieurs grandes villes des Laurentides.

Taux d'inoccupation dans certaines villes des Laurentides

Saint-Jérôme 0.8%

Saint-Sauveur 0%

Sainte-Adèle 0.6%

Sainte-Agathe-des-Monts 1.4%

À noter que selon Véronique Laflamme, porte-parole du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), les logements disponibles sont généralement les plus chers, et ce, partout au Québec.

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Hausses significatives des prix des loyers

L'autre volet, non négligeable, est celui du prix des loyers. Dans certains cas, Saint-Sauveur en est un exemple, la hausse du loyer moyen, toutes catégories confondues, est documentée à 96%.

Selon madame Laflamme, la hausse des loyers est attribuable à plusieurs facteurs.

Les déménagements, parfois à la suite d'évictions frauduleuses, ainsi que les constructions neuves, qui ont tiré rapidement les loyers vers le haut, en font partie.

Madame Laflamme n'exclut pas non plus l'estimation moyenne de hausse de loyers du tribunal administratif du logement (TAL) l'an dernier. Le TAL avait alors suggéré une hausse moyenne de 5,9 % pour les logements non chauffés, un record historique.

Notons que des hausses plus élevées (jusqu'à 8,5 %) peuvent être justifiées selon le TAL pour des travaux majeurs.

Enfin, la pénurie de logements qui se poursuit qui crée une pression sur le parc immobilier existant

Devant cette hausse faramineuse, madame Laflamme rappelle que les locataires, pour leur part, n'ont pas vu leurs revenus augmenter au même rythme que les loyers, depuis 2018.

Résultat : les locataires s'appauvrissent et doivent maintenant consacrer entre 50% et 80% de leurs revenus mensuels au logement.

Autre impact important de l'inabordabilité des logements est certainement l'insécurité alimentaire.

Un rapport du laboratoire de l'observatoire québécois des inégalités publié l'automne dernier dévoilait que le tiers des locataires du Québec vivent une insécurité alimentaire. 

Hausse du prix d'un logement moyen, toutes catégories confondues, entre 2018 et 2025

Saint-Sauveur 96%

Sainte-Adèle 52%

Mirabel 80% 

Saint-Jérôme 61% 

Dans un contexte où 90% du parc de logements locatif appartient au privé, prenons l'exemple de Mirabel. En 2018, le prix moyen d'un logement, toutes catégories confondues, était de 812$. Aujourd'hui, il se chiffre à 1459$.

À Saint-Jérôme, pour le même exercice, on passe d'un loyer moyen établi à 695$ en 2018, à 1122$ aujourd'hui.

Que fait la CAQ?

La pénurie de logements, tout comme la crise dans son ensemble, est bien présente depuis 2018, année où, comme le rappelle Véronique Laflamme, la Coalition Avenir Québec, avec François Legault à sa tête, a mis la main sur la bourse du Québec.

Or, elle déplore que les deux derniers budgets caquistes ne comportaient aucun investissement en logement social et abordable.

Dans un contexte prébudgétaire, le FRAPRU exhorte le gouvernement de la CAQ d'accoucher rapidement d'un plan sérieux, supporté par un budget comportant des investissements dans le logement social et abordable à court terme.

Une planification sur plusieurs années en logement social est aussi grandement nécessaire selon madame Laflamme.

Elle soutient qu'afin d'inverser la pression et de forcer une réduction du prix des loyers, un programme de logements sociaux doit inévitablement être déployé par le gouvernement provincial. 

Ce plan doit contenir plusieurs projets, créant une offre d'habitation diversifiée comprenant notamment des habitations à loyer modique (HLM), des COOP d'habitation ainsi que des logements gérés par des OBNL.

Les loyers doivent, évidemment, correspondre à la capacité de payer des locataires.


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